jeudi 16 juin 2016

Je suis un mauvais Français…


Bientôt 6 mois que ce blog dort de son plus profond sommeil...Juste une envie ce soir d’évacuer mon écœurement et ma lassitude...Juste une envie de pousser un coup de gueule aussi…

Il y a 45 ans, lorsque j’ai rejoint ma première affectation dans mon service, un ancien, qui était aussi mon « chef » m’a dit : « toi, mon petit gars, il faut que tu te syndiques...ici, c’est la CGT...Tu signes là... »...Me voilà donc embarqué à la CGT le deuxième jour du boulot...Évidemment, je ne connaissais rien des syndicats...Et mon éducation judéo-chrétienne qui avait précédé mon embrigadement pendant 8 ans aux enfants de troupe dès l’âge de 12 ans, avait bien sûr fait complètement abstraction de l’histoire sociale du pays et m’avait donné une image de la CGT d’ouvriers sanguinaires qui avaient tout le temps leur couteau entre les dents…

Bref, je ne suis pas tombé dans le chaudron de la CGT et du communisme quand j’étais tout petit…

Et c’est dans le travail que j’ai appris...J’ai appris la solidarité, la fraternité, le bonheur du « vivre ensemble » dans une même vision de l’existence...Mon « chef » est devenu mon meilleur camarade et il a fait partie des amis triés sur le volet qui étaient invités à mon mariage…

Et c’est en voyant cette « joie de vivre » des syndiqués qui se retrouvaient pour leur assemblée générale annuelle de leur syndicat, que j’ai commencé à prendre des responsabilités au sein de l’organisation...Pas sur une base politique ou dogmatique, mais seulement pour « rendre service », car j’étais jeune, et il me semblait que c’était normal d’assurer la continuité de nos anciens…

Ce ne fut pas facile, car je n’avais aucune formation politique ni syndicale, mais ce qui me motivait c’était la défense des intérêts des syndiqués et des salariés...C’est ce qui me motive toujours aujourd’hui d’ailleurs...Ce fut pas facile non plus, compte tenu de l’inféodation de la CGT au PCF, chose qui me dépassait complètement compte tenu de ma totale inculture politique et aussi de la vision que j’avais de mon rôle de défenseur des salariés…

Les années ont passé...J’ai pris de plus en plus de responsabilités au sein de la CGT, ce qui m’a permis d’acquérir une manière de voir les choses, que je n’aurais peut être pas eue autrement...Car à la CGT, le débat est libre contrairement à ceux qui disent le contraire mais qui ne sont pas à l’intérieur pour en juger…

La CGT est devenue pour moi une grande famille, et je suis fier d’en faire partie…

Alors ce soir, je suis écœuré, je suis  révolté, je suis meurtri, je suis indigné, j'ai du dégoût...Il y a plus de haine actuellement envers la CGT qu'envers le FN...Une haine institutionnalisée par le gouvernement qui en attisant les divisions, met gravement en péril la démocratie ...Les leçons de l'histoire ne sont donc pas enseignées à l'ENA ?

Alors oui ce soir, je suis donc un mauvais Français...Je suis un "terroriste", je suis un "casseur", je suis un "connard" d'après un blogueur donneur de leçons...Mais je vous emmerde tous, car le matin, à 68 ans, je peux encore me regarder dans la glace.






jeudi 14 janvier 2016

Je suis GOODYEAR !

Depuis 2 jours, je suis triste, abasourdi, mais aussi révolté et en colère...Révolté et en colère parce qu'en France on va en prison lorsqu'on défend son emploi et qu'on peut être ministre quand on planque son fric à l'étranger... .Après les salariés d’Air France,  le gouvernement qui se dit de gauche envoie 8 syndicalistes CGT en prison coupables d’avoir osé défendre leur outil de travail.

Un gouvernement qui ferme les yeux sur toutes les escroqueries et violences patronales mais frappe avec aveuglement et arrogance les militants de la CGT qui s’opposent à la destruction industrielle, à l’austérité. Un gouvernement qui est devenu l'exécuteur des basses œuvres du MEDEF...
Les 7 longues années de lutte des salariés de Goodyear, face à la multinationale, ont été marquées de conflits durs et âpres avec un patronat violent ayant recours à des vigiles, des hommes de main omniprésents dans les ateliers, l’entreprise, pour faire peur, faire taire les salariés et leur faire accepter la fermeture de leur usine.
Toutes les plaintes des militants CGT Goodyear pour que le droit du travail, la santé des salariés soient respectés, ont été déposées au commissariat, transmises au Procureur de la République ; mais mises au panier et classées sans suite.
Après 7 années de combat, un accord est signé entre la direction et la CGT, avec des dimensions sociales et l’abandon de toutes les procédures judiciaires à l’encontre des militants CGT.
Le Procureur de la République, sans doute soutenu par sa hiérarchie, décide seul de poursuivre l’action devant les tribunaux contre 8 militants CGT. Il demande au juge de condamner ces 8 militants à 24 mois de prison dont la moitié ferme. Le juge vient de prendre la décision de suivre le procureur en condamnant 8 représentants des salariés de Goodyear à 24 mois de prison dont 9 mois fermes avec 5 années de mise à l’épreuve.

C’est la première fois dans l’histoire de la République que, sous un gouvernement dit « de gauche », de telles peines sont infligées à des syndicalistes. Le gouvernement devra rendre des comptes aux salariés, à la population, aux électeurs le moment venu.Le gouvernement est responsable de la justice de son pays ! 
Une justice qui place le militant syndical au rang de criminel est une justice de classe. Il y a quand même deux poids et deux mesures entre la condamnation des syndicalistes de Goodyear et la lenteur de l'instruction de l'incendie du centre des impôts et du siège de la MSA de Morlaix dans la nuit du 19 au 20 septembre 2014, alors que les auteurs ont parfaitement identifiés par les "forces de l'ordre" qui, il est vrai, ont fait preuve d'une passivité surprenante cette nuit là...Sans compter le  soutien sans réserves de la FDSEA du Finistère qui s'est félicitée de cette action criminelle...


Le candidat Hollande en personne était venu  sur le parking de Goodyear dire que "lui président", il empêcherait la fermeture du site...Depuis, 1173 salariés jetés dehors, poussés vers la dépression, le divorce, l'alcoolisme, la drogue, le RSA...

14 salariés se sont suicidés...Alors, elle est où la violence, quand aucune poursuite n'est engagée par la justice sur le fondement de l'article 223-13 du Code pénal qui stipule que :" le fait de provoquer au suicide d'autrui est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende lorsque la provocation a été suivie du suicide ou d'une tentative de suicide..." ?

 Alors oui, je suis Goodyear ! Oui, il est temps que les salariés relèvent la tête et se libèrent du carcan dans lequel ont veut les enfermer...Quand on commence à réprimer brutalement les gens qui se battent pour leur quotidien, pour l'avenir de leurs enfants, c'est la devise de la République "Liberté, Égalité, Fraternité" qui est en danger, et c'est annonciateur de dérives qu'on n'a pas le droit de laisser passer.

Alors oui, je signe la pétition adressée au Président de la République qui a recueilli près de 60 000 signatures en 2 jours....Signez et faites signer pour montrer que la solidarité existe encore dans ce pays....Signez et faites signer pour que le jour de l'appel du jugement, le "peuple de France" fasse entendre sa voix lors des rassemblements de soutien qui seront organisés.

samedi 26 décembre 2015

Français de souche ?

 Vu dans Wikipédia :

"La notion de « Français de souche » n'existe pas dans le droit français, qui prend en compte les concepts de citoyenneté, de nationalité française, de droit du sol et de droit du sang. Contrairement à l'idée répandue, l'expression n'est pas née parmi les français coloniaux, pour les distinguer des autres habitants, mais d'un livre antisémite, pour décrire une situation en France.Le terme est utilisé pour la première fois au début du XIXe siècle. D'après le journaliste Laurent de Boissieu, Édouard Marchand est le premier à théoriser l'expression dans son livre La France aux Français ! publié en 1892. Elle sert alors, principalement, à stigmatiser une différence entre habitants juifs et non juifs.
le Front national se réapproprie l'expression dans les années 1990 : les mégrétistes, qui prennent le pouvoir au sein du parti, « réutilisent le concept d’identité, en son sens ethno-culturel qui provient du nationalisme allemand des années 1960, et en font un des fondements idéologiques du parti ». La formule est particulièrement utilisée au sein de la mouvance identitaire, en lien avec le concept de grand remplacement, et a notamment donné son nom au site Fdesouche".


Même si Marine LE PEN ne croyait plus au Père Noël, elle a quand même trouvé un gros cadeau dans ses petits sabots mis dans la cheminée de la chaumière bretonne de son papa...Son papa qui a créé un mouvement rassemblant des nostalgiques du régime de Vichy et de la collaboration...un mouvement qui s'appuyait entre autres, sur des anciens de la WaffenSS...

Un mouvement qui est devenu un parti politique grâce à la complicité des médias, mais surtout grâce au calcul politique d'un Président de la République "de gauche", François Mitterand...


Et même si l'histoire ne se répète jamais, elle a quand même tendance à repasser les plats...Le seul calcul de notre Président, c'est sa réélection, et pour cela, il met en place les recettes qui ont toujours marché...Que le FN soit en tête au premier tour, le "sursaut républicain" fera qu'il sera élu, comme Chirac avec plus de 80% des voix...

Mais en dehors de ces calculs politiciens qui me donnent envie de gerber, ce qui va se passer actuellement est encore plus grave...On va réunir le Congrès (à défaut de référendum) pour inscrire dans la Constitution une disposition qui aura pour effet de créer deux catégories de Français : les "Français de souche" et les autres nés sur le territoire mais pas de "France pure", car leurs parents ou grands-parents sont venus chercher refuge dans la "Patrie des Droits de l'Homme"...Et si cette mesure était adoptée, elle désignerait en toute légalité les "ennemis intérieurs de la France"...

Alors oui, un gouvernement "de gauche" s'apprête  à commettre une "faute morale et politique", telle que le définit Daniel Cohn-Bendit, avec  lequel je ne suis pourtant plus d'accord depuis longtemps...

Dénaturaliser des Français, c'est ce que le gouvernement de Vichy avait fait le 22, 23 juillet et 7 octobre 1940....14 514 citoyens avaient été jugés "indignes d'être Français"...

Alors c'est vrai que le père Noël ( et le père François aussi, quand même) ont bien garni les petits sabots de fifille LE PEN qui n'en demandait pas tant...Quand un gouvernement qui se dit "de gauche" met en place des idées d'extrême droite, c'est quand même légitime qu'on se pose des questions, n'en déplaise à tous les soutiens de ce gouvernement qui militent pour un social libéralisme à outrance...

mardi 3 novembre 2015

Réveillons nous !

Ainsi donc, 40 % des Français seraient favorables à l'arrivée d'un pouvoir autoritaire, selon un sondage paru dernièrement...Et d'après ce même sondage, 67% des Français adhéreraient ou seraient tentés par un gouvernement d’experts, de personnes non élues qui réaliseraient des réformes nécessaires mais impopulaires. 


L'ombre brune plane de plus en plus sur l’Europe...Les dernières élections en Pologne, le confirme...Le PIS, parti conservateur, ultra catholique, anti immigration et pro-américain a obtenu la majorité absolue  aux élections législatives avec 40 % des voix et 240 sièges sur 460. La gauche est éliminée pour la première fois depuis la chute du régime communiste en 1989.  

De même, le parti de droite suisse, l’Union démocratique du centre (UDC), résolument anti-immigration et anti-Union européenne, a enregistré aux élections au Conseil national du 18 octobre dernier une progression qui la conforte comme le premier parti de la Confédération helvétique.

Et que dire de la Suède qui durcit sa législation sur l'immigration ? Sans parler de l'Allemagne qui sus la pression de PEGIDA, vient de légiférer dans l'urgence le 24 octobre dernier une loi durcissant les conditions du droit d'asile...

L'opération de dédiabolisation de l'extrême droite n'a plus de frontières en Europe... 

Hitler a élu de la manière la plus démocratique possible...


Alors...? On laisse faire ? On se complait dans nos petites querelles politiciennes pour savoir qui est plus "à gauche" que l'autre ? On se contente de faire nos petits blogs pour se donner bonne conscience avant d'aller dormir du sommeil du juste avec Bobonne à la maison ?

 

Laisser faire et ne rien dire...Pourvu qu'on puisse avoir sa petite voiture, sa petite maison, son petit smartphone, le reste ne semble plus avoir beaucoup d'importance, car on a perdu le sens du "vivre ensemble"...Le "vivre ensemble" qui permet souvent une prise de conscience génératrice de bien des révoltes...

 
 

mardi 6 octobre 2015

Une vielle dame de 120 ans... et elle vit toujours...

Du 23 septembre au 28 septembre, à Limoges, s'est tenu le 7è Congrès national des chambres syndicales, groupes corporatifs, fédérations des métiers, unions et bourses du travail...L'intégralité des débats est disponible ici...


A l'issue de ces débats, est née la Confédération Générale du Travail...La CGT, le premier et le seul syndicat confédéral organisé en France...La CGT, une vieille dame qui a souvent été violée mais qui est toujours debout...
A tous ceux qui se demandent pourquoi il y a tant d'organisations syndicales en France, il faut rappeler qu'au départ, il n'y en avait qu'une qui était issue de la volonté des travailleurs de mettre en place une organisation qui pouvait défendre leurs intérêts communs face à une classe dominante qui détenait tous les pouvoirs...L'histoire se répète, hélas...
Et c'est cette classe dominante qui a cassé cette volonté de résistance commune en soutenant la création d'autres syndicats comme par exemple l'église catholique qui a regroupé ses brebis dans la CFTC ( Confédération Française des Travailleurs Chrétiens), où les États Unis , au moment de la guerre froide en 1947, a œuvré pour une scission de la CGT, pour la création de la CGT-Force Ouvrière (FO)...
Et la CFTC a aussi connu une scission, avec la création de la CFDT en 1964...Un syndicat "révolutionnaire" qui signait un accord "d'unité d'action" avec la CGT le 10 janvier 1966...Est-ce que tous les adhérents de la CFDT connaissent l'histoire de leur syndicat ? Car quand on voit aujourd'hui le fonctionnement de cette organisation qui ne sert plus qu'à accompagner, au nom du moindre mal, toutes la politique destructrice de la vie des salariés, sans remettre en cause les fondements mêmes de cette politique, il y a de quoi se poser des questions...


Alors oui...On est contents, les adhérents de la CGT...On fête les 120 ans de la CGT...43 ans que j'ai adhéré, alors que je ne savais même pas ce que c'était un syndicat...Pendant 43 ans, j'ai pris des responsabilités...J'ai connu des périodes tourmentées car l'histoire de la CGT  est aussi intimement liée à l'histoire politique...Mais ce sont toujours les revendications des salariés qui ont mené mon combat, avec la démarche de la CGT qui demande au syndiqué d'être un acteur et un décideur...Une démarche démocratique qui n'est pas encore toujours facile de mettre en œuvre...



mercredi 26 août 2015

la chute du mur...?

Le 9 novembre 1989, Günter Schabowski, membre du Politburo du SED, réputé réformateur, annonce lors d'une conférence de presse que tous les citoyens de la RDA peuvent quitter le pays. Nombre de Berlinois suivent cette déclaration à la télévision et se ruent aussitôt vers les postes frontières. Dépassés, les gardes-frontières pratiquent des ouvertures dans le mur de Berlin. C'est la fin du mur de Berlin, dont la construction  avait commencé dans la nuit du 12 au 13 août 1961 avec la pose de grillages et de barbelés autour de Berlin-Ouest.


 

La chute du mur de Berlin, est devenue le symbole de la fin du communisme à l'Est. Elle est devenue aussi le symbole de la liberté, de la démocratie retrouvée pour les peuples de l'Europe...Elle constitue également le fondement d'une "nouvelle Europe", tant au niveau territorial que géopolitique...C'est notre Europe d'aujourd'hui...
Notre Europe d'aujourd'hui...Un mur est tombé en 1989, mais combien de murs se sont construits autour de la "forteresse Europe" ? Après avoir contribué à déstabiliser avec ses "alliés", l'Irak, la Lybie, le Liban, la Syrie, l'Europe ne veut surtout pas chez elle de "ces gens là" qui fuient leur pays pour sauver leur peau et celle de leur famille...La Méditerranée n'est pas faite de béton et de barbelés, mais sa masse liquide suffit amplement à éradiquer une bonne partie de ceux qui pensent pouvoir trouver une terre de liberté en Europe...Un nouveau mur virtuel, en fait...


Et si cela ne suffisait pas, en Hongrie, un mur physique est en voie d'être achevé pour stopper les migrants (comme le mur de Berlin avait été érigé pour stopper les migrants de la RDA vers la RFA)...Une barrière de 4 mètres de haut sur 175 km...Pourtant la Hongrie fait partie de l'union Européenne et a ratifié la convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales...Mais il est vrai aussi qu'en Hongrie, le premier ministre est Viktor Orban, est un grand ami de la blonde "nationale"...Et l'union Européenne "désapprouve" sans mettre de sanctions en place...Plus facile pour elle certainement de mettre le peuple Grec à genoux...



jeudi 6 août 2015

Hiroshima, mon amour...

Il y a 70 ans, le 6 août 1945 à 2 h 45 (heure locale), le bombardier B-29 piloté par Paul Tibbets, baptisé Enola Gay du nom de sa mère, décolle de la base de Tinian, avec à son bord une bombe atomique à l'uranium 235 d'une puissance de 15 kilotonnes, surnommée Little Boy. L'équipage est composé de douze hommes, dont quatre scientifiques. Deux autres B-29 l'escortent, emportant les instruments scientifiques destinés à l'analyse de l'explosion.
La bombe, recouverte de signatures et d'injures à l'adresse des Japonais est armée en vol et larguée à 8 h 15, à près de 9 000 mètres au-dessus de la ville. À 8 h 16 min 2 s heure locale, après 43 secondes de chute libre, la bombe explose à 587 mètres du sol, à la verticale de l’hôpital Shima, situé au cœur de l'agglomération, à moins de 300 mètres au sud-est du pont Aioi, initialement visé car reconnaissable par son plan en « T ».


Dans le "Journal d'Hiroshima" publié en 1955, un livre qui fit grand bruit à l'époque, réédité en France en 2011 , un médecin japonais, Michihiko Hachiya,  raconte les différentes étapes de l'après Hiroshima: les douleurs après l'explosion, l'incompréhension, la sidération, et l'entrée dans l'ère atomique. Il revenait d’une nuit de garde à l’hôpital des PTT d’Hiroshima. Ce jour là, 60 000 Japonais ont été anéantis en quelques secondes... Le docteur Michihito Hachiya, lui n’est pas mort, il a commencé son journal...

"Certains paraissaient se mouvoir sous l’emprise de la douleur, les bras détachés de leurs corps, avant-bras et bras ballant comme des épouvantails. Cette vision me captiva jusqu’à ce que j’eusse soudainement conscience que ces gens avaient été brûlés et qu’ils ne déployaient ainsi leurs bras que pour mieux empêcher le frottement douloureux de leurs surfaces écorchées».
Des notes écrites au jour le jour, ses blessures, sa femme brûlée par l’explosion, la vie à l’hôpital, ses questionnements, son incompréhension face aux symptômes de ses patientes de l’hôpital, ses recherches pour comprendre les causes de ce mal nouveau, et inconnu jusque là. Coupé du monde, sans radio, ni journaux, ni téléphone, le docteur Michihito Haschiya ne sait rien de cette nouvelle bombe. Ce journal a été conservé pendant 10 ans aux archives secrètes de Caroline du Nord, et interdit de publication jusqu’en 1955.

"No see, no bomb". Pas de visibilité, pas de bombes. C’était la consigne. Le 6 Août 1945, il n’y avait pas de nuages au dessus d’Hiroshima...

Sans Wilfred Burchett, premier journaliste à être entré à Hiroshima, le monde aurait sans doute longtemps ignoré les ravages des radiations. Ravages immédiatement niés par l'état-major américain...

Le 5 septembre 1945, il écrit à la une du Daily express " La peste atomique...Ce que j'écris doit servir d'avertissement au monde entier..."


70 ans que le monde danse sur une poudrière...La sarabande infernale pourra t'elle continuer indéfiniment ?