jeudi 6 août 2015

Hiroshima, mon amour...

Il y a 70 ans, le 6 août 1945 à 2 h 45 (heure locale), le bombardier B-29 piloté par Paul Tibbets, baptisé Enola Gay du nom de sa mère, décolle de la base de Tinian, avec à son bord une bombe atomique à l'uranium 235 d'une puissance de 15 kilotonnes, surnommée Little Boy. L'équipage est composé de douze hommes, dont quatre scientifiques. Deux autres B-29 l'escortent, emportant les instruments scientifiques destinés à l'analyse de l'explosion.
La bombe, recouverte de signatures et d'injures à l'adresse des Japonais est armée en vol et larguée à 8 h 15, à près de 9 000 mètres au-dessus de la ville. À 8 h 16 min 2 s heure locale, après 43 secondes de chute libre, la bombe explose à 587 mètres du sol, à la verticale de l’hôpital Shima, situé au cœur de l'agglomération, à moins de 300 mètres au sud-est du pont Aioi, initialement visé car reconnaissable par son plan en « T ».


Dans le "Journal d'Hiroshima" publié en 1955, un livre qui fit grand bruit à l'époque, réédité en France en 2011 , un médecin japonais, Michihiko Hachiya,  raconte les différentes étapes de l'après Hiroshima: les douleurs après l'explosion, l'incompréhension, la sidération, et l'entrée dans l'ère atomique. Il revenait d’une nuit de garde à l’hôpital des PTT d’Hiroshima. Ce jour là, 60 000 Japonais ont été anéantis en quelques secondes... Le docteur Michihito Hachiya, lui n’est pas mort, il a commencé son journal...

"Certains paraissaient se mouvoir sous l’emprise de la douleur, les bras détachés de leurs corps, avant-bras et bras ballant comme des épouvantails. Cette vision me captiva jusqu’à ce que j’eusse soudainement conscience que ces gens avaient été brûlés et qu’ils ne déployaient ainsi leurs bras que pour mieux empêcher le frottement douloureux de leurs surfaces écorchées».
Des notes écrites au jour le jour, ses blessures, sa femme brûlée par l’explosion, la vie à l’hôpital, ses questionnements, son incompréhension face aux symptômes de ses patientes de l’hôpital, ses recherches pour comprendre les causes de ce mal nouveau, et inconnu jusque là. Coupé du monde, sans radio, ni journaux, ni téléphone, le docteur Michihito Haschiya ne sait rien de cette nouvelle bombe. Ce journal a été conservé pendant 10 ans aux archives secrètes de Caroline du Nord, et interdit de publication jusqu’en 1955.

"No see, no bomb". Pas de visibilité, pas de bombes. C’était la consigne. Le 6 Août 1945, il n’y avait pas de nuages au dessus d’Hiroshima...

Sans Wilfred Burchett, premier journaliste à être entré à Hiroshima, le monde aurait sans doute longtemps ignoré les ravages des radiations. Ravages immédiatement niés par l'état-major américain...

Le 5 septembre 1945, il écrit à la une du Daily express " La peste atomique...Ce que j'écris doit servir d'avertissement au monde entier..."


70 ans que le monde danse sur une poudrière...La sarabande infernale pourra t'elle continuer indéfiniment ?

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