Ce soir, Glenmor chante dans mon village...Ce soir, Milig ar Scanv ressurgit avant la première échéance de dimanche prochain...Ce soir, Milig ressurgit d'outre tombe avec son texte qui date de 40 ans...
Des paroles visionnaires...Des paroles qui emballaient mes 20 ans, avec toutes mes espérances, avec toutes mes utopies...Des paroles que je retrouve aujourd'hui dans la dynamique du front de gauche...Qu'est-ce que ça fait du bien de retrouver sa famille et de voir que finalement mes 20 ans sont toujours là !
Et je me souviens que Glenmor m'avait dit qu'il avait voté Mitterand en 1981...
J'ai marché de la Nation à la Bastille...J'ai communié avec les vieux, les jeunes, ceux qui n'y croyaient plus, ceux qui y croyaient encore...J'ai vu l'utopie se transformer en espoir, j'ai retrouvé le peuple...J'étais le peuple qui a fait la fête parce qu'on lui propose de reprendre le pouvoir...J'ai retrouvé mes racines et je me suis rassuré sur mon engagement quand une gamine m'a dit avec ses yeux remplis d'étoiles, que c'était "sa première manif qu'elle faisait en live"...
Mais depuis dimanche, l'horreur plane sur notre pays... L'horreur la plus absolue...Et les morts à peine enterrés, les outrances de certains candidats à la présidentielle ont repris de plus belle...
Ces crimes semblent avoir été commis par un fanatique endoctriné par la religion. Quel rempart le peuple peut il édifier face à cette barbarie ?
La seule réponse c'est bien sur la démocratie, c'est à dire l'exercice du pouvoir par le peuple...Et le peuple doit affirmer que la haine et le rejet de l'autre sont contraires au bien commun. Il doit affirmer que ce bien commun est fondé sur la laïcité qui permet à chacun de trouver sa place au sein de la République. Il doit affirmer que ces principes sont intangibles...
"La religion est l'opium du peuple" disait Marx...A son époque, l'argent, le sabre et le goupillon avaient des intérêts convergents...Aujourd'hui, l'exploitation des peuples par la financiarisation mondiale ne peut exister que par la déstabilisation des démocraties basée sur des conflits ethniques ou religieux.
La seule arme dont dispose donc le peuple pour faire face à cette stratégie, c'est le bulletin de vote...C'est le bulletin de vote citoyen et non pas le bulletin de vote du "café du commerce"...Le peuple doit reprendre le pouvoir, c'est le message de la Bastille...
Ce soir, 140 musiciens ont joué devant 2000 personnes à la Salle Pleyel...Ce soir 140 musiciens ont interprété la 1ère symphonie de Brahms...
Ce soir j'ai écouté ce concert retransmis en direct sur France Inter et France Musique, et je me suis mis à rêver...
Je me suis mis à rêver car ce concert exceptionnel, cette exclusivité européenne, réunissait sur une même scène l'orchestre philharmonique de Radio France et l'orchestre national de la Corée du Nord! C'est la 1ère fois au monde qu'un orchestre complet de Corée du Nord est autorisé à sortir du pays pour jouer à l'étranger. Pourtant la Corée du Nord et la France n'ont pas de relations diplomatiques.
Et ce concert était dirigé par Myun Whun Tchung, directeur musical du philharmonique de Radio France, Sud-Coréen né d'une mère Nord-Coréenne... C'est grâce à sa ténacité que cet évènement s'est réalisé. Cela fait plus de 30 ans qu'il essaie de les faire venir en France.
Ce soir, je me suis mis à rêver que la musique abolissait les frontières, que la musique pouvait peut être le petit grain de sable qui pouvait commencer à gripper les rouages d'une dictature, que la musique pouvait être porteuse peut être, de toutes les espérances...
Et ce soir, l’opiniâtreté d'un intervenant incontournable de la vie culturelle française mais qui n'est pas "un français de souche"", fait que je suis fier d'être Français, ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps !
Mais il est vrai que cet évènement est beaucoup moins important que les sondages en hausse ou en baisse qui agitent tout le petit monde des blogs et des médias...
Le 18 mars, le candidat du Front de Gauche tiendra un meeting à la Bastille ! Le seul candidat qui renvoie le Front National dans ses culs de basse fosse, appelle tous les citoyens à s'engager pour une VIè République, après avoir marché de la Nation à la Bastille pour commémorer la Commune de 1871.
50 000 personnes sont attendues...Des trains, des cars, sont déjà réservés dans tout le pays pour créer cet évènement qui, n'en doutons pas, fera date dans la campagne électorale.
Il se passe quelque chose dans cette campagne : le peuple redécouvre qu'il existe et qu'il peut reprendre le pouvoir...à condition qu'il s'en donne les moyens...
Ce soir, je préfère que les autres parlent à ma place...Je laisse la parole à Christian RAUTH, acteur, scénariste et romancier, popularisé à la télé dans son rôle de "mulet" de Navarro.
Christian RAUTH était l'invité de la semaine de l'HUMA, qui comme toute les semaines, fait appel à un acteur de la "société civile" pour commenter l'actualité à sa guise, suivant sa personnalité...
Cette chronique du 17 février était la dernière de la semaine...
"Il paraît qu’il s’est excusé et a expliqué qu’il a voulu dire que…
Saperlipopette ! Le jour où je rédige ma dernière chronique pour l’Huma, j’apprends qu’il n’y a plus de communistes en France ? C’est, m’a-t-on dit, une déclaration de François Hollande. Mais depuis, il paraît qu’il s’est excusé et a expliqué qu’il a voulu dire que… les communistes ne sont plus « comme avant ». Avant quoi ? Avant que ne disparaissent les femmes de ménage, les aveugles, les chômeurs pour n’être plus qu’aujourd’hui des techniciennes de surface, des non-voyants, des demandeurs d’emploi ? Décidément, je ne comprends rien à la politique. Suis-je mal-comprenant ? Expliquez-moi, Monsieur Hollande ! Les communistes seraient-ils un peu moins communistes, donc un peu plus réalistes ? Un peu moins staliniens, donc un peu plus fréquentables ? Moi, je pensais que les communistes étaient tous comme mon grand-père René. Il a commencé à travailler à l’âge de onze ans, a été de toutes les luttes depuis la naissance du PCF et vendait l’Huma tous les dimanches. Pour moi, le communisme, c’était lui : un militant de base désintéressé, fraternel, plein d’espoir et d’esprit de solidarité. De naïveté, aussi. On l’a trompé, René ! Est-ce pour cela qu’il est responsable des crimes de Staline ou des manquements de Thorez ? « Pourquoi tu t’énerves ? » dirait encore mon cousin Jeannot. À propos de ce mystérieux cousin dont j’ai parlé toute cette semaine, je vais lever le voile. Jeannot est le dernier vrai communiste de la famille, vu que René a pris sa retraite de chaudronnier-riveteur à soixante-cinq ans et est mort… à soixante-cinq ans, âge légal (à l’époque) pour crever usé. Je n’ai gardé de mon grand-père qu’une magnifique pelle à poussière, en acier. Il l’avait fabriquée pour sa femme, dans un reste de tôle. Vous verriez la qualité des points de soudure ! « Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, les souvenirs et les regrets aussi… tu vois, je n’ai pas oublié… » dit le poète. Monsieur Hollande, n’oubliez pas ceux que vous avez maladroitement fait disparaître. Ils chantent encore. Ils votent encore. À la pelle !"
L’interview de François Hollande au Guardian, a déclenché une polémique à gauche. L'incident est clos. Dont acte !
Seulement, il n'empêche que selon qu'il se trouve au Bourget ou à Londres, François Hollande ne semble pas porter la même paire de lunettes. Au Bourget, le candidat du PS endosse l'habit du chevalier blanc pourfendeur de la finance internationale. A Londres, il rassure la City en revenant sur ce que tout le monde avait déjà constaté, à savoir que "la gauche a été au gouvernement pendant quinze ans au cours desquels nous avons libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n'y a aucune crainte à avoir"
Certes ça va mieux en le disant, mais si la City est rassurée, le peuple de gauche a de quoi s'inquiéter d'une telle déclaration. Battre Sarkozy, d'accord ! Mais si c'est pour mettre en place un gouvernement de gauche qui accompagne la dictature des marchés en saupoudrant un peu de social pour faire avaler la pilule, plus d'accord !
Cette orientation a été mise en échec dans l'ensemble des pays où elle a été appliquée : en Grèce, en Espagne...Aujourd'hui nous sommes dans une confrontation totale, avec d'un côté "les marchés" et de l'autre côté les peuples. Aujourd'hui, être "de gauche" ne suppose plus de compromis : la gauche avec ses valeurs et ses idéaux se doit d'être résolument au côté du peuple !
Il n'y a plus le choix et toutes les forces progressistes doivent se rassembler pour mettre en place une rupture basée sur l'humain et non pas sur la finance. C'est l'enjeu des élections à venir dans notre pays, car nul doute que si cette option était clairement affirmée au sortir des urnes en France, elle servirait de point d'appui pour une autre gouvernance de l'Europe...
Mais le candidat Hollande, "candidat de toute la gauche" est-il pour le rassemblement lorsqu'il affirme "qu'il n'y a plus de communistes en France" ?