jeudi 27 mars 2014

Ce peuple qui chantait l'Internationale en breton...

Juste envie ce soir de faire partager un petit bijou trouvé dans les archives... 
Un film tourné en 1938, commenté par Marcel Cachin, breton émigré dans la région parisienne, alors directeur de l'Humanité. Ce film rend compte de la fête  organisée par le P.C.F., à Pont-L'abbé le 7 août 1938.  Ce reportage met en lumière la continuité entre les traditions et les modes de vie des bretons et la lutte communiste pour l'émancipation humaine. Il révèle également l'énorme popularité du parti communiste au moment du Front Populaire. 

Dans ce film des bigoudènes en coiffe chantent l'Internationale en breton...Il fait aussi percevoir la place des femmes bretonnes dans la lutte pour la défense des emplois depuis le début du 20è siècle. Ouvrières des conserveries du sud-Finistère, "cigarières" de la Manu de Morlaix, goémonières remontant de lourdes charrettes le long des côtes bigoudènes, ces femmes sont loin de la vision parisienne de la bretonne un peu sotte, de la Bécassine attardée , ou de la larmoyante épouse du pêcheur agitant son mouchoir face à l'océan.

Juste envie ce soir de rendre hommage à ces grand-mères bigoudènes qui portaient fièrement leurs coiffes et qui doivent aujourd'hui se retourner dans leur tombe à la vue de tous ces bonnets rouges...


Ar gann divëza zo,
Holl , war zao a warc'hoaz,
N'o er bed met eur vro
Da vihan a da vraz !
 

lundi 24 mars 2014

La bataille de Paris...

La bataille de Paris...17 octobre 1961...


Jean Luc EINAUDI s'est éteint samedi 22 mars à Paris, emporté par un cancer fulgurant...Son livre-référence La Bataille de Paris - 17 octobre 1961, paru aux éditions Le Seuil en 1991 et rédité en 2001chez Fayard Pluriel, a été un élément essentiel du long combat pour la reconnaissance par l’Etat français d'un crime d’Etat commis en plein Paris le 17 octobre 1961 et les jours suivants contre des manifestants pacifiques. 

17 octobre 1961... Une manifestation pacifique qui tourne au massacre...Des algériens, des bicots, des bougnoules, des ratons sont tués sur place et jetés dans la Seine par des flics déchainés garants de "l'ordre républicain"...ces mêmes flics qui seront responsables des morts du métro Charonne, le 8 février 1962...Des flics sous les ordres du Préfet de Police Maurice PAPON...

 

 "Je ne revendique pas le titre d'historien. J'écris sur ce qui me paraît important"...affirmait Jean Luc Einaudi qui a travaillé toute sa vie comme éducateur auprès des jeunes...Bien qu'âgé de 11 ans au moment de l'indépendance de l'Algérie en 1962, ce fils unique, issu d'une famille modeste, s'est intéressé très vite aux combats anticolonialistes, du Vietnam à l'Algérie. Son livre, La bataille de Paris levait le voile sur l'une des pages les plus sombres de l'histoire franco-algérienne, sur laquelle les historiens de l'Université et les médias ne s'étaient jusque là guère penchés.

Cet ouvrage allait provoquer un véritable choc dans la société française et connaître un succès retentissant. A tel point qu'en 1999, Maurice PAPON  portait plainte contre Jean Luc Einaudi, suite au témoignage à charge relatif au 17 octobre 1961 que ce dernier avait déposé devant la cour d'assises de Bordeaux, lors du procès  pour crime contre l'humanité perpétré par l'ancien Préfet de Police pendant l'occupation. PAPON fut débouté de son action, ce qui constituait une première reconnaissance du crime d'Etat d'octobre 1961...

Et moi non plus, je n'oublie rien...Je n'oublie pas qu'un certain Jean Marie LE PEN était lieutenant parachutiste en Algérie et qu'il a afirmé "qu'il avait torturé, parce qu'il fallait le faire"...



Je n'oublie rien...Et je me refuse à adhérer au consensus médiatique qui voudrait nous faire croire que le Front National est un parti légitime qui a sa place dans le processus démocratique de la République...Quant on prône l'exclusion et le rejet de l'autre, comment peut-on faire sienne la devise de la République..."Liberté..Egalité...Fraternité..."?


vendredi 7 mars 2014

Apolitique....?

La période électorale actuelle me fait sortir de mon hibernation...Hibernation vécue dans le vent, la pluie et les tempêtes...
Un billet pondu par ma voisine blogueuse m'a amené à quelques réflexions sur 'l'apolitisme" ou la connotation "sans étiquette" de beaucoup de listes déposées pour les élections municipales...

C'est quoi la politique ? Étymologiquement, ce mot vient du grec politikos, ..."de la cité"...
La politique recouvre donc tout ce qui a trait au gouvernement d'une communauté ou d'un État :
  • l'art et la manière de gouverner ;
  • l'organisation des pouvoirs ;
  • la conduite des affaires publiques ;
  • les actions prévues ou mises en œuvre par une institution, une organisation, un parti, un État, une entreprise, un individu... en vue d'atteindre un objectif préalablement fixé.
Dans une démocratie, l'action politique est donc légitimée par le vote des citoyens.

Alors comment peut-on être "apolitique" lorsqu'on se présente devant les citoyens avec l'ambition de mener les affaires publiques en leur nom ?


Que dire par exemple, d'un candidat qui fait sa campagne sur le vote blanc et qui une fois élu au Conseil Régional de Bretagne, vote systématiquement avec la droite ?


Que dire également d'un candidat aux cantonales se présentant sous l'étiquette UMP qui une fois élu, siège avec le groupe UMP du Conseil Général et qui, dans la commune voisine de la mienne, mène une liste "sans étiquette" pour les prochaines élections municipales ? 

Et comment ces grands électeurs "apolitiques" et "sans étiquettes", voteront-ils aux élections sénatoriales ? Rendront-ils compte de leur vote à leurs électeurs ?


mardi 24 décembre 2013

Joyeux Noel...!


Joyeux Noël pour toutes les femmes espagnoles, à qui le Père Noël a apporté dans sa hotte, l'interdiction de l'avortement...

Joyeux Noël à tous les peuples de l"Afrique qui s'entretuent au nom de la religion, de la race, ou du fric plus simplement... 

Joyeux Noël aux "nouveaux pauvres"  qui vont se réveiller avec la gueule de bois, quand ils vont rembourser le "crédit révolver" qu'ils ont souscrit, afin que la fête soit quand même belle...

Joyeux Noël quand même à toutes et à tous...



lundi 4 novembre 2013

Les jours heureux...

Mercredi 6 novembre sortira en salle le film de Gilles PERRET, "Les Jours Heureux"...


"Les jours heureux..." Fallait-il que les initiateurs de ce programme politique aient la foi chevillée au corps pour caractériser ainsi leur vision de la société, dans la période la plus noire de notre pays ? Quel parti politique aujourd'hui oserait intituler ainsi son programme?

"Les Jours Heureux..." c'est le nom du programme politique que les membres du Conseil National de la Résistance (CNR), voulaient voir appliquer à la Libération du pays...C'était un titre optimiste et plein d'espoir, car les rédacteurs de ce programme entrevoyaient la libération du pays...

Et c'est ce programme qui a été appliqué, car le rapport de forces était favorable aux idées progressistes tellement le patronat et la droite s'étaient vautrés dans la collaboration...Ils ne pouvaient donc que la fermer à la Libération...Seul le rapport de forces a permis en effet la mise en place de ces choix ambitieux.

Et c'est ce programme qui règle encore notre vie aujourd'hui : la sécurité sociale, la retraite par répartition, les comités d'entreprise ...etc... C'est ce qui constitue le "modèle social français"



Ce modèle social français" que nos "élites" politiques et économiques s'appliquent aujourd'hui à détricoter consciencieusement au nom de la "réalité", parce "qu'on ne peut pas faire autrement ", parce que "les marchés financiers et les agences de notation vont nous taper sur les doigts"...

Avec le CNR, les résistants nous ont donné une leçon : même dans l'adversité, tout est possible...Leur programme a été écrit avec du sang, mais ils ont fait preuve d'une lucidité à toute épreuve...L'une des premières mesures mises en place a été de nationaliser les banques et la finance. Ces nationalisations ne s'appuyaient pas sur un pur concept idéologique, mais bien sur le constat que la crise financière des années 30 avait amené la catastrophe mondiale qu'ils vivaient dans la clandestinité...N'y a t-il pas des résonances singulières avec la crise financière d'aujourd'hui ?

Ce film de Gilles Perret ne raconte pas l'histoire du CNR seulement pour commérorer, il constitue une ouverture sur l'avenir, et pour celà, il contribue à l'éducation populaire...

Combien de personnes connaissent en effet l'origine de la sécurité sociale ? Lors d'une journée de formation syndicale que j'ai animée dernièrement sur l'histoire su syndicalisme en général, lorsque j'ai évoqué le CNR, personne n'en avait jamais entendu parler ! Certes c'étaient des jeunes, mais le soir j'ai renouvelé l'expérience dans mon bistrot favori avec deux "anciens" : l'un en avait vaguement entendu parler, l'autre ne connaisait pas !

Alors, n'hésitez pas ! Allez voir ce film ! Amenez vos enfants, votre belle mère, vos voisins ! Vous contribuerez à une oeuvre de salubrité publique de préservation des "ceveaux disponibles", dans ce climat délétère et mortifère de décérébration qui nous entoure...



lundi 28 octobre 2013

Vivre...!

Vivre...! A l'heure où la Bretagne s'embrase, ce soir la nostalgie frappe à la porte...Nostalgie de la jeunesse passée...Nostalgie de ces années où la Bretagne avait une âme...Nostalgie du romantisme rebelle qui baignait notre vie...

Nostalgie de tous ces moments qui restent gravés dans la tête, nostalgie de cette solidarité bretonne si profonde qui émergeait dans les combats et les luttes menés par les paysans, les ouvriers et les bretons tous ensemble solidement accrochés sur leur massif Armoricain...


 


Autant de luttes qui ont forgé une histoire commune que les bretons s'approprient de manière consciente ou inconsciente face au pouvoir central...
Et que dire du FLB, qui faisait rigoler tout le monde quand les perceptions sautaient ? Et que dire de ce contrôleur du Trésor Public, qui faisait partie du FLB qui faisait sauter son outil de travail ?

 Que dire, en effet de plus que Glenmor, que tout cela c'est Vivre en Bretagne ?


Des paroles très fortes qui n'ont pas vieilli d'une ride...

dimanche 20 octobre 2013

"L"emploi, c'est le revenu, et le revenu c'est la vie..."

Il s’appelait Alain Vigneron...Il avait 45 ans...Il était ouvrier chez Arcelor Mittal, au laminoir de Chertal en Belgique...Il s'est pendu le 12 octobre dernier...Dans une lettre d'adieu adressée à ses proches et à son délégué syndical, il explique les raisons de son geste :

 Je veux que vous respectiez ma femme et ma fille, ils n’y sont pour rien. Je les ai fait souffrir énormément à cause de mon boulot pour Monsieur Mittal. Il m’a tout pris : mon emploi, ma famille. Combien de familles va-t-il encore détruire ? Moi, je n’en peux plus de ce milliardaire...Ma petite femme et ma fille, je veux que vous sachiez que je vous aime mais Monsieur Mittal m’a tout repris : la fierté, la politesse et le courage de me battre pour ma famille. Et que la presse soit au courant de mon acte. J’ai fait des panneaux, je voudrais qu’ils soient à l’église, que tout le monde voit pourquoi j’ai mis fin à mes jours."

 

Un fait divers tout à fait banal qui n'a sans doute pas empêché M. MITTAL de dormir et qui n'a pas enflammé les médias, car perdre sa vie en la gagnant, ce n'est pas un sujet porteur pour le "prime time" (quel vilain mot !) du 20 heures

Nul doute que M. VALLS suggèrera à M. MITTAL qu'il a "vocation à retourner en Inde", comme il affirme que " les ROMS ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie..."